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Coaching

Coach ou entraîneur : ce que change vraiment un suivi

Par Thibaut Lély, Préparateur physique, fondateur d'Uruz Athletic Factory··8 min de lecture

Un pareur accompagne la barre d'un athlète au développé couché

Le mot « coach » se pose aujourd'hui sur tout : une séance en groupe, une vidéo, une application. À Hossegor, on trouve tout cela. Voici la distinction que fait Thibaut, et pourquoi elle pèse lourd sur ta progression.

La distinction, dans ses mots

« Un coach, c'est juste quelqu'un qui va être là pour te dire combien de répétitions faire, combien de séries, qui va compter tes reps, t'aider à charger tes barres. Un entraîneur, dans l'étymologie du mot, il y a entraîner : amener avec soi. C'est quelqu'un qui va chercher à te faire adhérer à un process, à un projet. »

La nuance n'a rien de purement lexical. Elle sépare deux prestations qui n'ont ni le même prix ni le même effet, et que l'on confond parce qu'elles se déroulent au même endroit, avec les mêmes barres.

Ce qu'un suivi contient, concrètement

  • Un programme écrit pour toi. Non pas un cours collectif où tout le monde enchaîne la même séance, mais des blocs, des séries et des charges pensés pour ta semaine, ton niveau et ton objectif.
  • Un plan qui s'adapte. Thibaut planifie par blocs de trois à quatre semaines, jamais davantage, parce qu'« il y a forcément des choses qui ne se passent pas comme prévu » : une douleur, une semaine chargée, un niveau de fatigue inattendu.
  • Un état de forme suivi. Avant chaque séance, cinq questions ; à la fin de chaque exercice, une réglette de difficulté. Ce que tu ressens devient une donnée que ton entraîneur lit.
  • Une personne qui répond. Une question sous un exercice, un vocal après la séance, un message quand quelque chose coince : le suivi ne s'arrête pas à la porte de la salle.

Ce que l'on gagne à être encadré, en chiffres

La question a été posée en laboratoire : deux groupes, le même programme écrit, l'un encadré et l'autre laissé à lui-même. Chez vingt hommes modérément entraînés suivis pendant douze semaines, le groupe encadré a augmenté ses charges plus vite et plus franchement, et il a terminé avec un squat et un développé couché maximaux supérieurs. Chez quarante-deux jeunes rugbymen, même durée et même programme : le groupe encadré s'est présenté à davantage de séances, et le nombre de séances réalisées allait de pair avec les gains de force. Il a davantage progressé au squat, au développé couché et aux tractions.

Une méta-analyse de douze études a rassemblé ces travaux : l'encadrement produit un effet modéré sur la force (0,40) et un effet négligeable sur la composition corporelle. Ce résultat nous apprend deux choses utiles. L'encadrement agit sur ce qui se décide dans l'instant, c'est-à-dire la charge que tu mets sur la barre et le fait de venir. Et il n'a rien de magique : un entraîneur ne te fait pas progresser en te regardant, il fait en sorte que la bonne charge soit sur la barre et que la séance ait lieu.

Ce que cela change dès la première séance

Un suivi commence par une observation, pas par une punition. À Uruz, un nouvel arrivant passe un profilage d'une heure : mobilité, force, explosivité, gainage, cardio, chaque qualité étant classée de « brute » à « forgée ». C'est ce qui permet d'écrire un programme au lieu de le deviner. Un débutant complet, lui, fait simplement une séance d'essai, le temps qu'on voie comment il bouge.

Un suivi commence aussi par un accord. Thibaut le dit sans détour : la priorité d'un entraîneur, c'est que la personne adhère à son programme. Un plan parfait que l'on ne suit pas vaut moins qu'un plan simple que l'on tient. La discussion sur ce que tu es capable de tenir, et sur ce que tu as envie de tenir, fait partie intégrante du service.

À qui cela s'adresse

Pas uniquement aux compétiteurs. Les personnes que Thibaut trouve les plus gratifiantes à entraîner viennent de la population générale : celles qui poussent la porte pour du renforcement, pour leur santé, pour reprendre après une blessure ou simplement pour se sentir solides. Elles progressent vite, et le suivi rend chacun de ces progrès visible. Les athlètes de haut niveau, eux, viennent chercher de la précision : chez eux, le suivi n'est plus une option, c'est la condition même du travail.

Comment choisir, à Hossegor comme ailleurs

Pose trois questions à la personne que tu as en face de toi. Vais-je avoir un programme écrit pour moi, et qui l'écrira ? Comment saurez-vous que je suis fatigué avant que je me blesse ? Et si je ne peux venir que deux fois cette semaine, qu'est-ce qui change ? Un coach compte des répétitions. Un entraîneur a une réponse à ces trois questions.

Sources

  1. Mazzetti S.A. et al., « The influence of direct supervision of resistance training on strength performance », Medicine & Science in Sports & Exercise, 2000, 32(6), 1175-1184
  2. Coutts A.J., Murphy A.J., Dascombe B.J., « Effect of direct supervision of a strength coach on measures of muscular strength and power in young rugby league players », Journal of Strength and Conditioning Research, 2004, 18(2), 316-323
  3. Fisher J.P. et al., « The Role of Supervision in Resistance Training; an Exploratory Systematic Review and Meta-Analysis », International Journal of Strength and Conditioning, 2022, 2(1)