Force
Débuter le powerlifting dans les Landes : par où commencer
Par Thibaut Lély, Préparateur physique, fondateur d'Uruz Athletic Factory··11 min de lecture

Le powerlifting, ce sont trois mouvements et une seule question : combien ? C'est ce qui le rend accessible quand on débute, et exigeant dès qu'on veut progresser. Voici comment on l'aborde à la salle, avec quelqu'un qui l'a pratiqué plusieurs années avant de l'enseigner.
Ce que c'est, et ce que ce n'est pas
Le powerlifting, que l'on appelle force athlétique en France, se dispute sur trois mouvements : la flexion de jambes, le développé couché et le soulevé de terre, exécutés dans cet ordre. Chaque athlète dispose de trois essais par mouvement, et le meilleur essai réussi à chacun d'eux entre dans le total qui établit le classement. Ce n'est ni de l'haltérophilie, avec l'arraché et l'épaulé-jeté, ni du culturisme, qui juge l'apparence, même si les trois disciplines se côtoient en salle.
Le vocabulaire français est précis, et mieux vaut le connaître avant de s'inscrire. La Fédération française de force, la FFForce, réserve le nom de force athlétique à la pratique sans équipement d'assistance, et celui de powerlifting à la version disputée avec combinaison et bandes de genoux. Ce sont deux disciplines distinctes : un résultat obtenu dans l'une ne compte jamais dans l'autre. Le règlement technique de référence est celui de la fédération internationale, l'IPF, et une licence compétition ou individuelle est exigée au plus tard le jour de l'inscription.
Restent les catégories, pour savoir où tu te situes. Chez les hommes Open et Masters : moins de 59, 66, 74, 83, 93, 105 et 120 kg, puis plus de 120 kg. Chez les femmes : moins de 47, 52, 57, 63, 69, 76 et 84 kg, puis plus de 84 kg. Les catégories d'âge s'échelonnent des Sub-juniors (14 à 18 ans) aux Juniors (19 à 23 ans), puis Seniors (24 à 39 ans) et enfin Masters, par tranches de dix ans à partir de 40 ans. Ce découpage constitue la bonne nouvelle de ce sport : tu ne te mesures pas au monde entier, mais à ton gabarit et à ta classe d'âge.
Pour débuter, on n'a pas besoin de viser un podium. On a besoin d'un rack, d'une barre, de disques, et de quelqu'un qui sait regarder un squat. Le reste, ceinture, chaussures, manchons, vient plus tard, quand la technique le justifie.
Les premiers mois : apprendre trois gestes
Un débutant progresse presque à chaque séance, et c'est précisément le piège : on charge vite et on apprend mal. Les premiers mois servent à installer trois schémas moteurs propres, sur des charges qui laissent de la marge. Thibaut n'exige pas la perfection : « la technique doit être suffisamment bonne pour ne pas se blesser, pas nécessairement absolument parfaite ». Il coache l'intention, c'est-à-dire le contrôle, la force et la vitesse, davantage que la forme au millimètre.
- Deux à trois séances par semaine, avec chaque mouvement travaillé au moins une fois. C'est la fréquence qui installe le geste.
- Des séries de trois à six répétitions sur les mouvements principaux, en restant loin de l'échec : un RPE 7 à 8, soit deux à trois répétitions en réserve.
- Des exercices d'assistance pour les maillons faibles : dos, fessiers, ischios, triceps, sans oublier un tronc solide, « un centre du corps solide » selon son expression.
- Un bloc de conditionnement à chaque séance. La force se construit mieux sur une base large, et ta récupération entre les séries lourdes en dépend directement.
Comment on choisit les charges, sans tableau de pourcentages
Un débutant n'a pas de maximum fiable, donc pas de pourcentages fiables non plus. On travaille sur un ressenti encadré : le RPE, que nous expliquons dans un autre article, puis des montées progressives vers une série lourde du jour dès que le geste est stable. Les blocs restent courts, trois à quatre semaines, suivis d'une semaine plus légère. Inutile de tester un maximum toutes les deux semaines : on le laisse venir.
Le premier « record » ne prend pas forcément la forme d'une barre plus lourde. Thibaut le rappelle : « un PR, ça peut être plein de choses », une vitesse jamais atteinte, une répétition de plus à la même charge, un temps d'effort plus long. Les premiers mois en regorgent, à condition de les mesurer.
Ce qui fait la différence sur le long terme
Ce n'est pas le programme. C'est la régularité, la discipline et le fait d'être entouré. Le powerlifting est un sport où l'on se blesse rarement sur une série lourde bien préparée, et souvent sur une série lourde improvisée, un jour de fatigue, sans personne pour dire non. Un entraîneur qui voit la barre ralentir, qui allège la séance quand les repères sont au plus bas, qui refuse l'essai de trop : c'est cela qui permet de durer.
Sur le risque, les chiffres sont plus rassurants que la réputation du sport. La revue systématique la plus récente, qui rassemble dix-sept travaux et plus de trois mille pratiquants, situe l'incidence des blessures en powerlifting entre 1,0 et 4,4 blessures par millier d'heures d'entraînement. C'est comparable aux autres sports de force sans contact, et nettement inférieur aux sports de contact, où l'on dépasse sept à huit blessures par millier d'heures. Les localisations les plus fréquentes sont le bas du dos et le bassin, l'épaule, le coude et le bras.
Deux nuances, parce qu'un chiffre bas ne veut pas dire zéro. Quand on définit la blessure non plus comme un arrêt mais comme une douleur qui gêne l'entraînement, une étude suédoise trouve une prévalence élevée : beaucoup de pratiquants s'entraînent avec quelque chose qui tire. Cette même étude relie l'apparition des douleurs lombaires au travail du soulevé de terre et celle des douleurs d'épaule au développé couché. Et un travail allemand identifie une fréquence d'entraînement trop basse comme facteur de risque, ce qui rejoint tout ce qui précède : un corps sous-entraîné encaisse moins bien les jours lourds.
La compétition, enfin, n'a rien d'un privilège réservé à une élite. Il existe des plateaux pour tous les niveaux, et Thibaut se dit « toujours très content qu'un athlète dise qu'il veut aller vers la compétition ». Une première compétition, correctement préparée, reste le meilleur moteur de régularité qui soit.
Où s'y mettre près d'Hossegor
Uruz Athletic Factory se trouve à Soorts-Hossegor, zone de Pédebert, à quelques minutes de Capbreton et de Seignosse. La salle est équipée pour la force et le coaching y est systématique : personne ne s'y entraîne sans programme et sans un regard sur lui. Thibaut a pratiqué le powerlifting plusieurs années, puis le strongman en compétition pendant une dizaine d'années, avant d'en faire son métier. C'est de là que vient la méthode. Le plus simple reste de venir faire une séance de profilage : on regarde comment tu bouges, et on écrit la suite.
Sources
- Fédération Française de Force, « La force athlétique » : mouvements, catégories de poids et d'âge
- Fédération Française de Force, Règlement sportif de la force athlétique, du powerlifting, du développé couché et du bench press, saison 2026
- Tung M.J. et al., « Injuries in weightlifting and powerlifting: an updated systematic review », BMJ Open Sport & Exercise Medicine, 2024, 10(4), e001884
- Strömbäck E. et al., « Prevalence and Consequences of Injuries in Powerlifting: A Cross-sectional Study », Orthopaedic Journal of Sports Medicine, 2018, 6(5)
- Aasa U. et al., « Injuries among weightlifters and powerlifters: a systematic review », British Journal of Sports Medicine, 2017, 51(4), 211-219
