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Progression

Combien de séances par semaine ? La mauvaise question

Par Thibaut Lély, Préparateur physique, fondateur d'Uruz Athletic Factory·6 min de lecture

Petit groupe en séance à la salle Uruz Athletic Factory

La question qu'on nous pose le plus souvent à l'inscription, c'est « combien de fois par semaine il faut venir ». La réponse honnête est une autre question : combien de fois par semaine tu viendras encore en février ?

Ce que dit Thibaut, et ce qu'il voit depuis quinze ans

« Quelqu'un qui s'entraîne seulement deux fois par semaine toute l'année progressera beaucoup plus vite que quelqu'un qui vient cinq fois par semaine pendant deux mois, puis arrête un mois, et ainsi de suite. »

Ce n'est pas une phrase de motivation, c'est une observation de coach. La progression en force et en condition physique est une accumulation : chaque séance ajoute un peu, et l'arrêt retire vite. Un mois sans rien efface une bonne part de ce que deux mois intenses avaient construit, et le redémarrage coûte des courbatures, du temps, et souvent l'envie.

Pourquoi l'organisme préfère la répétition

Un mouvement s'apprend par la fréquence. Le squat, le soulevé de terre, le développé couché sont des gestes, et un geste se stabilise quand on le répète souvent, pas quand on le répète beaucoup une fois. Thibaut le dit dans ses mots : « on devient bon dans un geste quand on le répète souvent. » Deux passages par semaine sur les mêmes schémas moteurs pendant un an, c'est cent occasions d'apprendre. Cinq passages pendant huit semaines, c'est quarante, suivies d'un oubli.

Il y a aussi la récupération. Une personne qui débute ou reprend n'a pas la capacité d'absorber cinq séances : elle accumule de la fatigue, dort moins bien, se blesse sur une bêtise, et arrête. Deux ou trois séances laissent le temps de s'adapter entre chaque.

Ce qu'on met dans deux séances

Deux séances par semaine bien construites couvrent tout le corps. Soit deux séances complètes, soit une séance haut du corps et une bas du corps. Chacune tient sur un mouvement principal lourd, un ou deux mouvements d'assistance, et un bloc de conditionnement. On ne cherche pas à tout faire, on cherche à faire la même chose souvent.

  • Un mouvement principal : un squat ou une flexion de hanche, un poussé ou un tiré.
  • De l'assistance sur les points faibles, en séries plus longues.
  • Dix à quinze minutes de conditionnement, variées d'une semaine à l'autre.

Quand augmenter

Quand la fréquence actuelle est tenue depuis assez longtemps pour qu'elle ne soit plus un effort. Trois mois de deux séances sans en manquer valent mieux qu'une décision de passer à quatre. Et quand on ajoute, on ajoute une séance, pas deux, en la rendant plus courte que les autres : le corps et l'agenda s'y font.

L'inverse est vrai aussi. Une semaine impossible n'est pas une semaine ratée si une séance courte y tient. « Même avec peu de temps, on peut faire un bloc de travail », dit Thibaut : de la force, du cardio, ou du renforcement sur un point faible. Une séance d'un seul bloc garde la chaîne intacte.

La discipline, pas la souffrance

Régularité ne veut pas dire dureté. Une devise de Louis Simmons que Thibaut reprend : « Learn to train smarter, not harder. » Ce qui fait progresser, c'est de revenir, séance après séance, sur un programme qu'on comprend et qu'on aime assez pour le suivre. Le reste, la charge, l'intensité, les méthodes, c'est le travail du coach, et il n'a de sens que si tu es là.